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Il y a mille et une manières de parler d'un artiste.

Si en plus,mille feux d'artifice brillent dans la tête de celui-ci,le discours devient exponentiel et nous partons pour conquerir la lune!

Duchamp et Picabia ont eu du mal à faire comprendre que ce que l'on prenait pour de la légèreté était une autre façon de penser la gravité.

 

Marc Montaret démonte le grave et complique le lèger,il aime jongler avec les contraires.
Raconter alors sa manière de jouer avec la vie,le regarder quand,un verre à la main et sourire aux lèvres,il considère les déesses ondoyantes qui passent devant lui..

Et pourquoi ne pas discuter du mix,de la maitrise technique,de l'utilisation experte des matériaux ,de tous les matériaux!

Venez le voir en sueur dans le bordel de son atelier dominer le feu pour sortir lentement de la matiére les formes revées.

 

Pour parler de lui ,je devrais évoquer sa carrière naissante quand,tel un dieu Pan,il dansait sur les falaises de Ouakam et offrait à la mer de grands totems solitaires.

Raconter les étapes qui sont des bornes dans le désert,si peu de dates et tant de productions.

Nous l'avons retrouvé avec des menuisiers pour ses installations mobiles, des tapissiers sur les métiers à tisser de Thiès,des fondeurs,des céramiste et enfin dans un chantier naval avec ses résines composites.Il aime la création mais également l'application artisanale et vit son travail comme une somme de capacités qui intégre differents savoir-faire et lui apporte la maitrise technique des matériaux.Ces connaissances,liées à la fantaisie et à l'attention,l'amènent à une production riche et débordante.

Mais on y trouve aussi le respect pour le travail des autres,et l'humilité de celui qui sait écouter.

Dans le calme de son atelier aux Almadies,je l'ai vu passer des journées solitaires à polir une pièce,extirper une forme,répéter avec acharnement les mêmes gestes anciens de la transformation.

 

Puissant,il n'a pas d'ambitions pour son travail.

Solitaire,il se moque du monde et de ses avatars.

Iconoclaste,il joue avec les symboles du pouvoir.

Du dialogue qu'il a instauré avec lui même surgit des auto portraits:crucifiés ,abimés ,tourmentés.

Les monstres de l'inconscient prennent forme de danse macabre ,les rêves sensuels s'élèvent vers le ciel.

Mais le sentiment de trop plein retourne vite vers des formes simples et épurées,ou la caresse d'une main à envie de s'attarder...

Il peut s'envoler Marc,partir loin.Mais il est bien là ou il est.

A la fin du jour,un fou rire de toute la panoplie qu'on appelle "vie" vient mélanger les choses, et son atelier devient chaudron.

Dehors ,dans le jardin,les oiseaux chantent.

Mauro Petroni